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 Maria-Magdalena Xena Carrera-Morazàn ~ Leave me alone, I'm lonely

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Myriam A. Czerwona
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MessageSujet: Maria-Magdalena Xena Carrera-Morazàn ~ Leave me alone, I'm lonely   Mar 29 Jan 2013 - 23:30



Maria-Magdalena Xena Carrera-Morazàn
ft. Eliza Dushku

— Origines && Famille

Je suis Guatémaltèque. Et Maman répète qu'on a du sang maya dans les veines. C'est ça. Les Mayas se sont faits exterminer par les espagnols, tu crois vraiment qu'ils ont profité de l'occasion pour s'imprégner de la culture ? Tu rêves. Au mieux, y a eu des indigènes violées et les mômes ont pas été tués, mais ça a pas dû être un grand nombre et je suis vraiment pas sûre qu'on retrouve encore des traces de tout ça dans les générations actuelles... Bref. Je doute fort qu'on ait, nous, quoi que ce soit de lié à la culture maya. Même si je crois que j'aurais bien aimé en fait...

Son père : Jose Ernesto Carrera était militaire
Sa mère : Ixchell Citlali Morazàn, une femme adorable, douce et aimante... mais complètement soumise à son mari, si bien qu'elle n'a jamais élevé la voix contre les méthodes de Jose
Tout un tas d'oncles et tantes qu'elle occulte complètement, qui ont juste fermé les yeux sur sa condition et rien fait de mieux que la blâmer à la mort de sa mère, puisque c'est de sa faute pour l'avoir emmenée aux Etats-Unis

— Caractères && Spécialités

Faut que je me décrive ? Hum... Parler c'est pas mon truc alors ça va être compliqué. Si je dois donner des qualités, disons que je suis quelqu'un d'assez réaliste, et déterminé. De professionnel et réfléchi aussi, on peut compter sur moi, je crois que ceux qui ont bossé avec moi le savent. Et niveau personnel ? Hum... Joker. Je suis aussi très agile, ambidextre et endurante. On dirait pas comme ça, mais je voulais pas être la petite chose qu'on sous-estime, alors il a bien fallu que je trouve un moyen de m'en sortir par moi-même et c'est pas comme si j'avais une force brute énorme. Par contre, je suis pas vraiment la fille la plus sociable du monde, et il paraît que je suis un peu trop autoritaire. J'aime juste que les choses fonctionnent comme il faut, c'est pas normal ? Bref. Je sais par contre que je suis susceptible et que je n'ai aucun sens de l'humour. J'y comprends jamais rien d'ailleurs, c'est assez troublant. Et puis je suis possessive et hyper-jalouse, et c'est pas forcément évident pour moi de pas sauter à la gorge de... plein de gens. Enfin ne le répétez pas, mais j'ai un côté romantique et fleur bleue qui ne va pas du tout avec mon personnage, alors ça, c'est vraiment le secret que je garde le mieux...

Pour bien comprendre qui est Maria-Magdalena, il faut déjà assimiler l'idée qu'elle n'a pas eu une enfance très douce, son père, militaire de carrière, ayant toujours été particulièrement autoritaire et strict, voire parfois violent, coupant sa fille de tout entourage social dès lors qu'il eut décidé qu'elle devait avoir une carrière hors normes et qu'elle ne devait donc pas avoir de temps pour batifoler, cherchant toujours à contrôler et sa vie et ses réactions. Le moindre exemple à cela réside dans son ambidextrie, puisque lorsqu'elle a montré des prédispositions à l'usage de la main gauche, il a tout fait pour la forcer à utiliser plutôt la droite, si bien qu'aujourd'hui, elle se sert indifféremment des deux.

Lena est une jeune femme d'apparence autoritaire et fermée, mais c'est qu'elle a dû apprendre très tôt à se contrôler, ses émotions n'étant pas vraiment bien perçues par son père, qui avait la main leste dirons-nous dès que sa fille se faisait un peu trop remarquer. Et bien qu'elle en veuille énormément à son géniteur aujourd'hui, et pour beaucoup de choses, force lui est d'admettre qu'elle a hérité ces deux traits de caractère de lui : tout comme lui, elle a du mal à ne pas tenter à son tour de contrôler tout ce qui l'entoure, y compris les autres, et à cause de lui, elle montre une nette tendance à l'asocialité, qui fait qu'elle a bien du mal à nouer des relations avec les autres. Il faut dire qu'elle n'a guère eu l'occasion de faire autrement que de rester seule pendant son enfance et qu'elle a bien du mal à changer cette habitude.

Vouée à l'excellence, elle n'a jamais trop appris à jouer, son père lui imposant des heures et des heures de travail dès son plus jeune âge. En découle que sa culture personnelle est assez étendue, mais qu'elle est parfaitement ignorante de tout ce qui constitue les jeux d'enfants, et qu'elle n'a jamais réellement compris ce qu'était l'humour... En découle qu'elle reste parfaitement imperméable à toutes sortes de blagues qu'elle ne comprend simplement pas. « Hein ? C'était drôle ? Pourquoi ? » Ce qui reste d'ailleurs assez frustrant pour elle, qui tente d'avoir une explication à ce qui fait rire les autres, sans pourtant être capable de comprendre leur raisonnement... Ce qui fait qu'en général, après avoir expliqué trois fois pourquoi la chute faisait rire et s'être heurté à un mur d'incompréhension, on abandonne... De son absence d'humour résulte aussi sa susceptibilité notoire, puisqu'elle ne comprend pas la dérision et prend comme une attaque personnelle la moindre pique qui peut lui être lancée.

Il faut bien avouer que c'est quelqu'un de terriblement pragmatique, terre-à-terre, qui prend tout au pied de la lettre. Professionnelle jusqu'au bout des ongles, elle pèse bien souvent le pour et le contre avant toute chose, réfléchit largement avant de se décider à agir. Ce qui ne signifie pas pour autant que ce soit quelqu'un de contemplatif, loin de là. Ses réflexions visent simplement à mettre toutes les chances de son côté pour le moment où elle agit, car elle déteste l'échec - qui ne lui a d'ailleurs jamais été permis et qu'elle a toutes les peines du monde à accepter. Et il faut dire qu'elle a de la suite dans les idées, et que, quel que soit le temps que ça prenne, elle n'abandonne pas facilement les buts qu'elle s'est fixés.

L'un d'eux a notamment été d'améliorer ses capacités physiques, dès lors qu'elle a été libérée du joug de son père, et elle a commencé l'escalade à cette époque, en quoi elle excelle aujourd'hui. Parfaitement à l'aise avec son corps, elle a une agilité impressionnante et une endurance quelque peu surprenante pour une femme de son gabarit, qu'elle a passé des années à exercer. Une agilité qu'elle a d'ailleurs travaillé aussi bien sur l'équilibre, que pour la discrétion... et le vol.

Derrière cette carapace déterminée, sûre d'elle et tout ce qu'il y a de plus matérialiste, elle cache un côté fleur bleue qu'elle ne laisse entrevoir à personne, et pour cause : elle considère ça comme une faiblesse, inadmissible. Le romantisme ne lui est évidemment pas permis, même si, au fond, elle a encore un côté petite fille qui rêve du prince charmant, quelque part, enfoui, et qu'elle tente de faire taire au maximum. Les grandes histoires d'amour, elle sait bien que ce n'est pas pour elle, et elle se satisfait tout à fait des aventures sans lendemain qu'elle peut avoir... ou du lien qu'elle peut avoir avec Adrian. De la même manière, la petite fille qu'elle n'a jamais pu être peut d'ailleurs parfois s'émerveiller pour des choses parfaitement anodines, et elle peut être capable de sourire ou rire simplement devant quelque chose qu'elle trouve joli, comme une gamine qui découvre quelque chose de complètement nouveau, bien qu'elle dissimule le plus souvent ce trait de caractère à tous. Il faut réellement qu'elle soit en confiance pour le laisser s'exprimer, et il faut bien avouer que c'est chose rare.

C'est aussi quelque de terriblement jaloux et possessif. Comme un enfant capricieux, elle ne prête pas ses jouets et a bien du mal à accepter de partager certaines choses... ou certaines personnes. C'est pourtant bien clair entre eux : sex-friends, c'est tout ce qu'ils sont. N'empêche qu'elle n'aime pas qu'on lui tourne autour et quand il a une blondasse accrochée au bras, ça ne lui plaît décidément pas. Cela étant, elle n'est pas censée avoir à dire quoi que ce soit, alors elle se tait. Le plus souvent en tous les cas.

Enfin, elle n'a pas encore de pouvoir et pense être restée humaine. Malheureusement pour elle, les effets de la météorite vont commencer à se faire sentir, et à générer quelques modifications physiques... même si au demeurant, ce sera un peu plus compliqué que ça...

— Descriptions Physiques

Physiquement ? Bah regarder, ça vous suffit pas ? Sérieux vous voulez que je dise quoi de plus ? Je mesure un mètre soixante-huit pour quarante-neuf kilos... et mes mensurations sont plutôt basiques, dans la norme quoi. Allez 83-62-75, si vous voulez vraiment tout savoir, et non, je ne mange pas que de la salade, c'est pas ça qui entretient le muscle voyez-vous. Non mais sérieusement, vous voulez pas ma pointure de chaussure non plus tant que vous y êtes ?

De taille plutôt moyenne donc, Lena est une jeune femme charmante à la peau légèrement mate qui lui vaut la chance de ne pas brûler au soleil, et aux grands yeux sombres posant sur le monde un regard assez désabusé. Ses traits fins et son sourire pourraient être attirants... si elle souriait plus souvent. C'est malheureusement chose rare, et elle arbore le plus souvent un air fermé, qui n'incite pas à l'aborder. Des cheveux bruns gardés longs, qu'elle lisse ou laisse onduler au gré de son humeur, et souvent libres autour de son visage et dans son dos, lui donnent une touche de féminité que son attitude contredit souvent puisqu'elle a tendance à ne pas se laisser marcher sur les pieds et à refuser l'aide qu'on peut vouloir lui apporter. Musclée par l'exercice auquel elle s'astreint quotidiennement depuis que son père est décédé, elle garde une silhouette fine et longiligne, sportive, aux formes menues, mais galbées.

Elle porte indifféremment tout types de vêtements souvent liés aux missions auxquelles elle participe. En réalité, elle ne s'est jamais demandé ce qu'elle préférait porter, et n'a pas de style vestimentaire prédéfini. Elle fonctionne de façon rationnelle, sur l'objectif visé : si elle doit être à l'aise et faire du sport, un jogging semble plus indiqué. Si elle doit assister à une soirée mondaine, ce sera robe de soirée et talons hauts. Si elle doit camper le rôle d'une working-girl, on partira sur un tailleur. Tout dépend de ce qu'elle doit faire.

Enfin ce dont elle ne s'est pas encore rendu compte, c'est que son pouvoir commence à se manifester. Pour l'heure, c'est assez rare, et peu prononcé, mais au fil des prochaines semaines, ça va commencer à s'accentuer : ses yeux changent de couleur en fonction de ses émotions. Ca n'est pourtant en rien une modification réellement physique au sens corporel, mais bel et bien un jeu de lumière. Sans s'en rendre compte, elle modifie la longueur d'ondes qui renvoie la couleur de ses yeux aux autres en fonction de ce qu'elle ressent.

Petit lexique oculo-chromatique à venir (ouais j'aime bien inventer des mots)
chocolat : normal
vert : malice
mordoré : séduction
marron rougeâtre : colère
noir étoilé de gris clair : curiosité
bleu foncé : tristesse
bleu turquoise : joie
mauve pâle : émoi
indigo : peur
pairs : perplexité

— Histoires && Anecdotes

Fille d'un militaire gradé, déjà à la retraite lorsqu'elle était enfant, et d'une femme au foyer un peu trop soumise pour leur bien à toutes les deux, Lena a grandi à Guatemala City, la capitale éponyme du Guatemala, bien qu'elle n'ait que peu connu la ville en elle-même durant son enfance, puisque son éducation se faisait à la maison, sous l'autorité stricte de son père. Ca n'était pas très difficile, pour lui, de contourner les autorités, de soudoyer les professeurs pour qu'ils fassent l'impasse sur l'absence de sa fille à l'école... Il avait toujours été bien vu dans leur quartier de la ville, il avait une bonne situation... alors on se taisait. Et elle, elle a grandi seule, dans leur maison, isolée des autres enfants, parce que son QI assez élevé avait été décelé assez tôt et que son père en avait nourri une fierté exacerbée, et un désir impérieux de ne pas gâcher ce potentiel... La psychologue qui les avait reçus avait tenté de les mettre en garde, pourtant. Son QE, en contrepartie, était désastreux. Elle ne savait pas se lier aux autres, ne parlait à personne d'autre que ses parents, et encore. Mais ça n'avait pas d'importance aux yeux de Jose, elle irait loin, elle avait le cerveau pour. Le reste, c'était accessoire.

Dès lors, le programme des cours à la maison n'a eu de cesse de se charger, de semaine en semaine, de mois en mois, d'année en année. A cinq ans, elle savait lire, écrivait déjà et commençait les additions et les soustractions. Et les punitions pour la moindre faute commençaient à tomber, aussi. Elle n'avait pas le droit à l'erreur, elle valait mieux que ça. La règle sur les doigts, ce n'était que la première étape. Les coups n'ont fait que s'affermir avec les années, et les privations aussi. Elle n'a pas assez travaillé, elle n'a pas le droit de manger. Elle ne le méritait pas. A six ans, elle savait multiplier et diviser, était capable d'écrire des histoires, connaissait celle de son pays dans les grandes lignes. Ca n'était jamais suffisant. L'anglais, les matières scientifiques supérieures, et l'informatique devinrent des objectifs à atteindre alors qu'elle n'avait pas dix ans. Et à douze ans, elle était capable de suivre une partie du programme de lycée.

Son père la voit ingénieur, chercheuse, prix Nobel... Honorant le nom qu'elle porte, riche et célèbre. Il ne verra rien de tout ça, et ça n'arrivera jamais. Quand elle s'est levée ce matin-là pour intégrer la salle où elle passait toutes ses journées à travailler, elle a trouvé sa mère en larmes. Il ne lui a pas fallu longtemps pour comprendre pourquoi Ixchell pouvait être effondrée, et pour le mettre en relation avec la pièce vide où elle se trouvait terrée la plupart du temps. Elle n'a rien dit, mais pour elle, c'était une véritable libération. C'était comme si, pour la première fois de sa vie, elle avait le droit de ressentir quelque chose, comme si, enfin, elle pouvait avoir une vie, réellement. Elle en voulait à sa mère de ne rien avoir fait notamment pour empêcher les coups et les privations quand elle faisait la moindre erreur, mais au fond, elle devait bien se rendre à l'évidence : elle restait sa mère, et si la disparition de son père ne lui a pas arraché la moindre larme, elle n'a pas eu le coeur d'en rajouter à la douleur de celle-ci en lui assénant ses reproches. Elle s'est tue, mais a changé de comportement du tout au tout, du jour au lendemain.

Sa mère n'y comprenait plus rien et ne savait plus quoi faire, à vrai dire. Lena avait réintégré l'école, dans une classe plus avancée que son âge ne le laissait supposer, compte-tenu de ses connaissances déjà avancées, mais les cours ne l'intéressaient pas le moins du monde. Elle faisait acte de présence, mais passait clairement plus de temps à échafauder des plans pour s'amuser avec ses camarades plus âgées qu'à suivre les leçons. Privée de sorties et d'activités physiques pendant des années, elle essaie tout un tas de sports, délaissant rapidement les sports collectifs qui ne lui plaisent définitivement pas, avant de trouver son bonheur dans l'escalade. Et pendant plusieurs années, elle a tenté de rattraper le temps perdu en quelque sorte, passant plus de temps à sortir avec les filles de sa classe et à grimper sur tout et n'importe quoi qu'à continuer à travailler. Au grand dam de sa mère, à qui elle n'adresse pour ainsi dire pas la parole.

Son premier baiser, c'est sa meilleure amie, lors d'un jeu à boire entre filles. A boire, oui. Elle fait la fête et finit dans des états seconds régulièrement depuis ses quatorze ans - à peine - et elle est passablement éméchée le soir où ça arrive. Et ça la laisse plutôt froide d'ailleurs. Elle en déduit que c'est sans doute plus sympa avec un mec parce que ça ne lui a vraiment pas fait plus d'effet que ça avec elle... Qu'à cela ne tienne, elle n'attend pas vraiment plus longtemps pour tester avec un garçon de trois ans son aîné avec qui ses copines traînent à la sortie du lycée. Ca ne dure pas, bien évidemment, elle est bien trop jeune pour lui. Elle l'a juste mis au défi de lui rouler une pelle, il ne pouvait décemment pas perdre la face.

« Ah ouais, rien à voir. Le prends pas mal Tania, mais c'était quand même vachement mieux là... »

Et ce n'était que la première étape, donc. Des mecs en soirée, elle en a embrassé des dizaines. Juste comme ça, parce que c'était agréable. De toute façon, elle ne croyait pas réellement qu'on attendait vraiment autre chose d'elle que de passer un bon moment. Et à vrai dire, elle ne cherchait pas vraiment plus loin, ne pensait même pas à l'avenir. Elle voulait juste profiter de la vie qu'elle avait l'impression d'avoir retrouvée, dont elle avait été si longtemps privée. Elle avait quinze ans quand elle passa le cap, brûlant clairement les étapes sans vraiment d'état d'âme. Il ne l'aimait pas, elle ne l'aimait pas non plus. Mais elle voulait savoir ce que c'était, puisque les autres n'arrêtaient pas d'en parler. Ca ne lui a pas laissé un souvenir impérissable, mais ça ne l'a pas empêchée de continuer. Dans un sens, elle continuait de faire ce qu'on attendait d'elle...

C'est finalement avec quelques difficultés, et quelques années redoublées qu'elle a passé l'équivalent du bac. Elle n'avait que seize ans, et absolument aucune perspective d'avenir en tête, ni aucune envie à vrai dire, à part continuer à escalader des parois plus dangereuses les unes que les autres. Tania travaillait dans un petit restaurant et lui a proposé une place, qu'elle a acceptée plus pour s'occuper qu'autre chose. A vrai dire, elle s'ennuyait. Et le resto ne l'a pas vraiment aidée. Trop jeune pour un temps plein, elle n'y travaillait qu'à temps partiel, mais se querellait régulièrement avec les clients ou le patron... Et finit par être renvoyée au bout de quelques semaines. Pendant un an, elle a enchaîné les petits boulots inintéressants qu'elle ne tenait guère plus de quelques mois, que ce soit à cause de son caractère ou parce qu'ils l'ennuyaient profondément. Jusqu'à ce qu'elles finissent par parler, Ixchell et elle, par crever l'abcès. Une conversation qui a duré toute la nuit, où les choses ont été mises à plat. Lena n'a évidemment pas tout accepté, ni écouté d'ailleurs, mais elle a au moins accepté les excuses de sa mère pour son inaction. Et elle l'a écoutée quand elle lui a affirmé, à juste titre, qu'elle devait trouver quelque chose qui la motive réellement, qu'elle ait réellement envie de faire, pour elle, et pour personne d'autre. La pension qu'elles avaient de Jose n'était pas mirobolante, mais elles pouvaient bien se débrouiller comme ça le temps qu'elle trouve ce qu'elle voulait devenir.

Pas évident, cela étant, de trouver sa voie quand on a toujours été dirigée d'une main de fer. Même sur les dernières années, elle n'a fait que profiter du jour présent, sans jamais se projeter dans l'avenir et réfléchir à ce qu'elle voulait réellement être à l'avenir. Et pour la première fois qu'elle se posait réellement la question, elle n'y trouvait aucune réponse. Les matières scientifiques l'avaient amusée, un temps, mais elles lui renvoyaient à présent bien trop l'image de son père et les désirs qu'il formulait pour elle pour qu'elle s'y intéresse réellement. Les langues lui étaient toujours restées assez étrangères, elle avait beau se débrouiller en anglais, elle était tout à fait consciente de ses lacunes, et du peu d'attrait qu'elle avait pour ça. En rien artiste, elle n'envisageait même pas les cursus de ce type, elle qui n'avait guère d'imagination. Elle avait beau écumer les petites annonces du journal en espérant avoir une illumination à force de voir citées des occupations diverses, rien n'y faisait. Sa mère l'a pourtant surprise un matin comme un autre, à corriger les coquilles des articles. Rigoureuse comme elle pouvait l'être, Lena avait annoncé ne pas comprendre comment ils pouvaient laisser passer autant de bourdes dans une édition pourtant sérieuse. Ca n'était pas la première fois qu'elle la voyait faire ainsi et une idée a donc germé dans la tête d'Ixchell.

« Et si tu faisais ça, professionnellement ? Tu pourrais même sans doute le faire d'ici et ne pas avoir à côtoyer trop de monde... Je crois que Cristina, du bout de la rue, a son fils qui travaille au journal catholique du quartier. Ca peut toujours être un début s'ils acceptent de te donner ta chance... »

L'idée est lancée, et Lena a commencé à être correctrice. En quelques semaines, elle a trouvé plusieurs contrats, remplissant ses journées sans le moindre problème. Parfaitement à l'aise avec sa langue, elle corrigeait non seulement les fautes grossières de ses collègues journalistes, mais aussi leur style, ce qui lui valait parfois des remontrances : ce n'était pas à elle d'écrire. L'année suivante, pourtant, un collègue ayant pour objectif d'éditer son roman, à terme, lui a demandé son avis, qu'elle lui a donné sans prendre de pincettes, lui proposant même une réécriture d'une partie de ce qu'il lui avait transmis. Après une engueulade assez rude, ils ne se sont plus adressé la parole pendant quelques semaines, jusqu'à ce qu'il revienne lui demander d'être son nègre, puisque son style d'écriture dépassait largement le sien. Et elle s'est rendu compte, au final, qu'à défaut d'inventer complètement quelque chose de neuf, elle pouvait peut-être s'inspirer de ce qu'elle avait vécu pour écrire sa propre histoire. Alors elle a commencé à lire des ouvrages divers et variés, étudiant la façon dont les accroches étaient amenées, les récits agencés. Pour la première fois, elle avait l'impression de faire vraiment quelque chose qui l'intéressait, pour elle, et pour personne d'autre. A côté de ça, elle participe à des concours d'escalade, se place pas mal et commence à faire parler d'elle. Malheureusement, le destin a parfois de drôles de tours...

C'était l'anniversaire d'Ixchell, et elle lui avait offert un voyage à Las Vegas. Leurs premières vacances ensemble, toutes les deux, à l'étranger. C'aurait dû être un rêve. Ca a tourné au cauchemar.

Il n'y aurait pas pu y avoir plus mauvais timing, finalement. Elles étaient là-bas, dans un des innombrables casino de la ville du péché, au moment de la Chute. Lena n'en garde qu'un souvenir diffus, des cris, un bruit assourdissant... et le ciel qui leur tombe sur la tête. Quand elle émerge des décombres, parmi les rares survivants, elle sait qu'elle a perdu la dernière famille qui lui reste, puisqu'elle n'a jamais pu considérer les autres Carrera comme tels, pas plus que les Morazàn d'ailleurs. Adulte mais orpheline et isolée dans un pays étranger, elle fait la connaissance d'un homme qui s'occupe d'elle le temps qu'on la rapatrie au Guatemala et que la succession de sa mère soit réglée. Un homme qui lui propose de travailler pour lui, avant qu'elle ne quitte le pays, ce qu'elle refuse poliment. Seulement voilà, Achmed n'est pas un homme bien puisqu'il tient un petit gang de voleurs, receleurs et escrocs, et qu'il espère bien pouvoir tirer quelque chose de la jeune femme. Quelque chose qu'il sait pouvoir obtenir, en gardant 'gentiment' contact avec elle pendant les mois qui suivent.

L'enterrement n'est pas facile à traverser. Lena encaisse les critiques des membres de la famille, sans rétorquer, les poings serrés. Elle ne veut pas faire d'affront à sa mère, pas à ses funérailles. Mais elle est responsable selon eux, et ce sont des reproches qu'elle a toutes les peines du monde à accepter. Et eux ? Où était leur belle responsabilité quand elle se faisait taper dessus parce qu'elle n'était pas parfaite, parce que même avec sa bonne mémoire et des heures de travail, elle ne savait pas tout par coeur à la première lecture ? Elle attend, patiemment, la fin de la cérémonie, elle attend que toutes les formalités aient été complétées, les papiers signés, la succession terminée. Alors elle explose, leur lance tout ce qu'elle a sur le coeur, ce qu'elle pense de leur hypocrisie et de leur propension à critiquer les autres sans voir leurs propres défaillances. Et elle disparaît.

En réalité, elle retrouve la seule figure vers laquelle elle pense pouvoir se tourner, Tania filant le parfait amour quelque part au sud du pays. Elle ne veut pas de la pitié de son amie, elle ne veut pas l'encombrer non plus. Et Achmed l'accueille à bras ouvert, ravi de récupérer dans son équipe une gamine un peu paumée, mais prometteuse. C'est qu'il a l'oeil. Il l'a repérée avant la météorite, alors qu'elle venait juste d'arriver à Las Vegas. Il l'a vue à ce concours de varappe près du Grand Canyon. Il voulait mettre à profit sa plastique. Il s'est rendu compte qu'il y avait autre chose à faire. Et, sous son égide, elle devient une pickpocket experte, apprend à crocheter les serrures comme personne. Elle enregistre et reproduit ce qu'on lui enseigne avec une facilité déconcertante. Son agilité lui permet d'accéder à des bâtiments qu'il pensait imprenables. Elle apprendra aussi non seulement à ne pas se faire prendre, mais également à se battre et à tirer, à viser juste, à cette époque, même si elle est plus douée pour l'évasion que pour l'altercation. Et les années passent, et elle commence à avoir du mal à supporter l'autorité de son mentor, tentant pourtant de se convaincre qu'elle apprend plus à ses côtés que seule, mais espérant bien, finalement, pouvoir s'évader prochainement.

La bande d'Achmed finit pourtant par subir le contrecoup de sa popularité montante dans le milieu. Un règlement de compte qui tourne mal la prive de mentor... et la libère, finalement. Parmi les rares rescapés, elle quitte l'Amérique Latine, consciente du risque qu'elle court à rester sur place, et cherchant aussi à se faire une place plus indépendante. Un gang rival lui a offert l'échappatoire rêvée, qu'elle ne s'est pas gênée pour saisir et elle fuit le pays qu'elle a toujours connu et s'exile en Espagne, comme nombre de rescapés de la météorite. De vrais faux-papiers au nom de Lena Morazàn monnayés contre services en poche, elle s'installe à Valencia où, sous le nom de code de Xannath, elle commence à se faire remarquer dans le milieu en apportant des objets convoités, mais difficilement accessibles à des clients d'origines de plus en plus diverses. Elle n'hésite pas à traverser l'Europe, tente d'apprendre au moins des rudiments de français et d'allemand au passage, sans jamais pouvoir tromper qui que ce soit avec son accent hispanique à couper au couteau.

Et elle tombe un jour sur un os. Et de taille.

Il s'appelle Adrian, et est venu chercher la même chose qu'elle, dans ce musée des Pays-Bas. Elle ne compte absolument pas lui laisser le tableau en main, il n'a pas plus l'intention de se montrer galant, ce qu'elle ne lui aurait de toute façon pas demandé. Après des menaces qui ne servent à rien, ils ont fini par se rendre compte qu'ils n'arriveraient pas à embobiner l'autre et ni l'un ni l'autre n'est un tueur dans l'âme, donc hors de question d'éliminer purement et simplement la concurrence, même s'ils en sont venus aux mains... sans succès notable de l'un ou l'autre. Impossible de les départager. Il est plus fort, plus robuste qu'elle, sans mal, mais elle est plus agile et souple que lui. Elle esquive, véritable anguille, la moindre de ses tentatives. Et impossible pour elle de le mettre hors d'état de nuire. Le temps leur est compté, par ailleurs, et ils ne peuvent plus continuer de se quereller, sous peine de se faire prendre tous les deux. Pas question non plus d'abandonner le butin sur place. Résultat, pour la première fois de leurs carrières respectives, ils ont dû se mettre d'accord et partager le magot. Ce qui surprend leur 'client'... et eux aussi. D'autant qu'un jeu de séduction s'est mis en place dès le départ, alors même qu'ils se tapaient dessus. Un drôle de jeu, qu'elle a bien du mal à appréhender, au fond, puisqu'ils savent pertinemment l'un et l'autre qu'ils sont terriblement indépendants et que tout ça ne mène à rien de plus qu'à une partie de jambe en l'air... Ca n'empêche qu'ils finissent dans les bras l'un de l'autre ce soir-là, même si elle disparaît au petit matin avec sa part de la récompense et après lui avoir laissé un numéro où la joindre, le jour où il aurait besoin d'une petite souris...

A vrai dire, elle n'imaginait pas vraiment qu'il la recontacterait. Ca a pourtant été le cas, pour un autre boulot où sa capacité à se faufiler n'importe où et à escalader n'importe quoi s'avérait indispensable. Et ça ne s'est pas vraiment terminé différemment de la première fois à vrai dire, leur attirance réciproque étant indéniable, bien que tout ça ne reste que purement physique (quoi que...). Depuis lors, ils font parfois appel l'un à l'autre pour d'autres missions... et plus si affinités.

Groupe désiré : Chicago

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